L’invité du blog: Théophane Leroux. Journaliste, auteur.
Passé un moment du journalisme à la vigne, Théophane Leroux raconte son expérience dans un livre drôle et profond, « Ce temps où nous mourrons de le pas vivre, journal d’une reconversion (aux éditions Plon, 256 p.,). Fan de Georges Brassens et des belles lettres il part alors en 2022 en Anjou pour travailler comme ouvrier agricole. Une chronique parfois acérée sur l’air du temps, la recherche de sens et la place de Dieu dans des vies bousculées. Place du travail, rapport au temps, vie intérieure, autant de facettes d’un récit à la première personne qui n’oublie pas l’environnement et les contemporains.A l’école de l’écrivain Christian Bobin évoquant ce « Temps où nous mourrons de ne pas vivre« . Une expérience nourrie de musiques. Du grégorien des monastères au répertoire anglo-saxon.
–Quelles sont les musiques, anciennes ou récentes, évoquant Dieu que vous avez entendues et appréciées?
-Théophane Leroux: Georges Brassens a beaucoup compté pour moi, tant musicalement que, en un sens, spirituellement. Il avait un regard particulièrement tendre sur Dieu et cela se ressent dans nombre de ses chansons, il y a donc beaucoup à apprécier dans son œuvre. Il y a nombre de musiques, classiques, populaires ou rock, qui m’évoquent Dieu, dans leurs thèmes ou leurs paroles. Il y en a pour tous les moments de la vie et de la journée : le grand Salve Regina, chanté à la fin des complies par les cisterciens, la Passion selon saint Jean de Bach, le Dies irae, les chansons de Johnny Cash ou Nick Cave, ou encore les gwerzioù bretonnes, qui n’envisagent pas un monde sans Dieu.
–Selon vous, Dieu aime-t-il la musique ?
Pourrait-il faire autrement ? Dieu est harmonie, et la musique aussi (en théorie).
–Au paradis quelles musiques y entend-on ?
J’imagine que c’est assez varié : on doit passer de la psalmodie au rock, des chansons traditionnelles aux cantiques grégoriens, du chant des oiseaux à celui des orgues.
–Quelles sont les musiques qui, selon vous, invitent à la prière ?
La musique de louange, quand elle est bien jouée et dans le bon contexte, et le grégorien si doucement chanté par les moines cisterciens en fin de journée.
–Que chantent les anges musiciens ?
L’hymne des chérubins, de Tchaïkovsky, doit donner une idée assez juste de l’abyssale profondeur de la louange angélique.
–Si la prière était une chanson, une musique, laquelle choisiriez-vous ?
Je vais tricher en choisissant une œuvre complète : les psaumes, pour pouvoir offrir à Dieu l’intégralité de la palette des sentiments humains.
– Qu’aimeriez- vous « chanter » à Dieu en le rencontrant ?
Sans doute cette vieille chanson scoute, dont le refrain disait : « me voilà, me voilà, tout brisé par mes travaux… »
– Quelles sont dans votre discothèque personnelle les musiques, les chansons qui sont vos préférées. Les dix musiques et chansons à emporter sur une île déserte?
Il y a déjà quelques suggestions dans mes réponses. J’ajouterais une chanson d’Henri Dès, pour garder un peu l’esprit d’enfance, sans doute une pièce ou deux du folkore québécois, le Requiem de Mozart, Nothing else matter de Metallica et Fear of the dark de Iron maiden, une intégrale des psaumes en reggae – cela doit bien exister… -, Eccl 5 :1 des Wampas, Get back in line de Motorhead…
– Quel est le refrain qui vous a le plus marqué ?
J’ai été très frappé par la coïncidence providentielle où, un jour où je travaillais sur un article, j’ai écouté par hasard la chanson Redemption Day de Johnny Cash qui se termine par la scansion du mot freedom.(liberté)
– Quels sont les grands auteurs, compositeurs ou interprètes qui comptent pour vous ?
En vrac et sans souci d’exhaustivité ou de virtuosité : Brassens, Bach, Mozart, Palestrina, Daniel Darc, Gainsbourg, Denez Prigent, Spear Hit, Didier Wampas, Flavien Bertan de Balanda, Arvö Part, Lemmy Kilmister, Angelo Branduardi, Shane Mc Gowan… Et puis, Celui qui a créé le chant des oiseaux.
– La dernière fois où vous avez été ému en écoutant une musique, une chanson, laquelle était-ce ?
His broad majestic Shannon, des Pogues. Une chanson d’amour qui se termine sur le souvenir d’un moment contemplatif sur le Shannon.
– Si Dieu était une chanson, une musique, laquelle serait-ce ?
Peut-être Dieu est-il lui-même la musique. Dans le Silmarillion de Tolkien, l’être suprême crée le monde en chantant. Sa parole est la création elle-même, pourquoi ne pas imaginer que le Verbe, au commencement de tout, soit déjà harmonie ?
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